Commencer par la loi d’Ohm (U = RI)
Contrairement à l’intuition populaire, commencer l’apprentissage de l’électronique par la formule U=RI est la plus grande erreur qu’un débutant puisse faire. Si l’équation semble mathématiquement simple (du niveau de collège), elle cache en réalité une complexité physique immense.
Savez-vous vraiment ce qu’est un courant ? Est-ce qu’un flux de charge à travers une surface vous parle ? Et une tension ? Pouvez-vous définir une différence d’énergie potentielle entre deux charges situées dans un espace parcouru par un champ électrique ? Aïe… là, on voit que ça se complique vraiment. Ces questions révèlent la véritable difficulté, qui n’est pas mathématique, mais physique.
L’électronique c’est pas juste des maths. C’est aussi utiliser des principes physiques et dans l’équation de la loi d’Ohm, il y a énormément de physique et c’est là où c’est très compliqué… En bref, comprendre U=RI est un objectif à atteindre progressivement, et non un point de départ.
Pourquoi Wikipédia vous induit en erreur
Avant d’apprendre à faire, il est capital de savoir de quoi l’on parle. On ne peut pas se lancer dans le tennis sans savoir ce que c’est. En électronique, c’est la même chose. Pourtant, la définition proposée par Wikipédia est un exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire : elle est incompréhensible et contre-productive pour un débutant.
Plongeons-y un instant. D’abord, elle nous parle de tension et de courant, des termes que nous ne maîtrisons justement pas encore. Ensuite, on nous sert des analogies pour le moins… comiques. Comparer des signaux électriques à des gens qui crient ou chuchotent ? On en vient à se demander si l’on fait de l’électronique en parlant à voix basse ! Le clou du spectacle reste la contradiction : on nous explique que l’électronique utilise de faibles courants, pour ensuite mentionner l’électronique de puissance… qui n’en serait pas vraiment une. C’est à n’y rien comprendre.
Au final, la page n’est qu’un « ramassis de choses » qui n’ont que peu de rapport les unes avec les autres, de l’histoire des signaux aux méthodes de fabrication. La leçon à en tirer est simple : une bonne définition doit être concise et claire. Chercher à trop détailler dès le départ ne mène qu’à la confusion.
Faire de l’électronique, ce n’est PAS faire de la physique
Les définitions classiques, que ce soit celle de Wikipédia ou du Larousse, font systématiquement l’erreur de présenter l’électronique comme une simple branche de la physique. C’est une confusion qui empêche de bien cerner le sujet. La distinction fondamentale est la suivante :
- La physique est une activité de recherche. Le physicien cherche à comprendre les règles qui régissent l’univers.
- L’électronique est une activité de construction. L’électronicien utilise ces règles pour concevoir et produire des systèmes utiles.
Cette idée centrale est libératrice et change toute la perspective de l’apprentissage. L’électronicien n’est pas un physicien c’est un constructeur de système qui s’appuie sur des principes physiques pour les concevoir.
Mais attention, il manque une pièce au puzzle. Cette définition de « constructeur s’appuyant sur la physique » pourrait tout aussi bien décrire un ingénieur en génie civil ou en mécanique. C’est en fait la définition même de l’ingénierie. Ce qui rend l’électronicien unique, ce sont les branches spécifiques de la physique qu’il utilise : principalement l’électromagnétisme et la mécanique quantique.
Cette distinction est cruciale pour un débutant. Elle déplace l’objectif : il ne s’agit pas de « tout comprendre de l’univers », mais d’utiliser des principes connus et ciblés pour bâtir quelque chose.
Non, assembler un kit n’est pas de l’électronique
L’idée qu’on peut faire de l’électronique sans aucune connaissance théorique (physique, maths) circule beaucoup. Soyons clairs : c’est un mensonge. Un exemple concret illustre parfaitement cette confusion : acheter et souder les composants d’un kit électronique. Il est important de clarifier la différence entre les deux activités :
- Assembler un kit est du bricolage. C’est une activité respectable et utile en soi, mais elle ne relève pas de la conception. On suit une recette sans nécessairement en comprendre les ingrédients.
- Faire de l’électronique implique la conception, la modélisation et la compréhension profonde des principes sous-jacents qui font fonctionner le circuit.
Il ne s’agit pas de dévaloriser cette activité, mais d’être parfaitement honnête : assembler un kit, ce n’est pas faire de l’électronique. Comprendre cette distinction est la condition sine qua non pour progresser.
La définition la plus utile tient en 6 mots
La définition académique de l’électronique : « L’électronique est une discipline qui consiste à concevoir des systèmes en s’appuyant sur les lois de l’électromagnétisme et de la mécanique quantique » est certes exacte, mais elle est longue, ennuyeuse et décourageante pour un amateur.
Heureusement, il existe une définition alternative, simple, puissante et originale qui constitue le véritable point de départ. La voici : « Faire de l’électronique c’est déplacer des charges de manière contrôlée. »
Pourquoi cette définition est-elle si efficace pour un débutant ? Parce qu’elle est simple et facile à mémoriser, mais surtout parce qu’elle pose les trois seules questions fondamentales qui structurent tout l’apprentissage de la discipline :
- Qu’est-ce qu’une charge ?
- Comment les déplacer ?
- Comment contrôler ce déplacement ?
Cette définition n’est pas qu’une simple phrase ; c’est une feuille de route. Les deux premières questions constituent le socle de base, le préalable indispensable. Mais la troisième… c’est là que réside tout le voyage. Répondre à cette dernière question constitue « tout l’art de l’électronique ».
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