La tension électrique expliquée simplement

Décharge spectaculaire de haute tension électrique générée par une bobine Tesla.

Nous avons découvert précédemment que les conducteurs, comme le cuivre, sont remplis d’électrons libres. Ces électrons sont détachés de leurs atomes et errent dans la matière. Pourtant, si vous prenez un simple bout de fil de cuivre dans votre main, vous ne prenez pas de décharge électrique. Pourquoi ? Parce que pour créer un courant, il manque un élément fondamental : la force motrice. Cette force, c’est ce que nous appelons la tension électrique.

L’état de repos

Avant d’appliquer une tension, il est crucial de comprendre ce que font les électrons dans un fil débranché.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les électrons libres ne sont pas immobiles. À température ambiante, ils possèdent une énergie thermique qui les fait vibrer et se déplacer à des vitesses folles (plusieurs centaines de kilomètres par seconde). C’est ce qu’on appelle l’agitation thermique.

Cependant, ce mouvement est totalement chaotique. Pour chaque électron qui part vers la gauche, un autre part vers la droite. D’un point de vue global, ces mouvements s’annulent parfaitement. Le résultat macroscopique est donc un déplacement nul : il n’y a pas de courant électrique.

Qu’est-ce que la tension électrique ?

Pour obliger tous ces électrons à se déplacer dans la même direction, nous devons appliquer une pression. En électronique, cette pression est appelée la tension (notée U ou V) et se mesure en volts (V).

L’analogie du château d’eau

Pour bien visualiser, prenons la célèbre analogie de l’eau :

  • Le fil de cuivre est un tuyau rempli d’eau.

  • Les électrons sont les gouttes d’eau.

  • Le courant (en ampères) est le débit de l’eau qui s’écoule.

  • La tension (en volts) est la hauteur du château d’eau (la pression).

Si votre tuyau est posé à plat sur le sol (tension = 0V), l’eau stagne. Il n’y a pas de débit. Si vous reliez votre tuyau à un château d’eau très haut, la pression pousse l’eau avec force. Plus le château d’eau est haut, plus la pression (la tension) est forte, et plus l’eau s’écoulera vite (le courant).

La notion de différence de potentiel

Le terme le plus rigoureux en physique pour désigner la tension est la différence de potentiel (ddp). Comme l’altitude d’une montagne n’a de sens que si on la compare au niveau de la mer, une tension électrique n’a de sens qu’entre deux points.

Une pile de 9V ne contient pas 9V dans l’absolu. Elle possède simplement un déséquilibre chimique qui fait qu’il y a une différence de 9 volts entre sa borne positive (où il y a un manque d’électrons) et sa borne négative (où les électrons s’accumulent). Les électrons voudront toujours fuir la zone où ils sont entassés (le pôle -) pour aller vers la zone où ils manquent (le pôle +).

L’action de la tension

Que se passe-t-il exactement lorsqu’on branche une pile aux extrémités de notre fil de cuivre ?

La pile crée un champ électrique à l’intérieur du conducteur. Ce champ agit comme un vent puissant soufflant dans le fil. Les électrons continuent de s’agiter dans tous les sens à cause de la chaleur, mais ce vent les pousse doucement et irrémédiablement dans une direction précise.

Ce mouvement d’ensemble, lent mais ordonné, s’appelle la vitesse de dérive. Bien que l’agitation thermique soit très rapide, la vitesse de dérive qui forme le courant continu est en réalité très lente (de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre par seconde !). L’énergie, elle, se transmet à la vitesse de la lumière d’électron en électron, comme des wagons de train qui se poussent mutuellement.

Simulateur interactif

Expérimentez avec ce simulateur : observez l’agitation thermique des électrons à 0V, puis augmentez la tension pour voir comment la force électrique impose un mouvement ordonné (le courant).

Simulateur de physique : influence de la tension sur les électrons
Conducteur de cuivre 0V
Électron libre

Réglage de la tension

0V 0 V 12V
Alimentation active
À 0V les électrons libres bougent au hasard dans le cuivre. C'est l'agitation thermique.

Définition énergétique de la tension

Pour les concepteurs de circuits plus avancés, il faut voir la tension électrique sous l’angle de l’énergie.

La tension représente la quantité d’énergie (le travail) fournie pour déplacer une charge électrique d’un point à un autre. Mathématiquement, 1 volt correspond à 1 joule d’énergie dépensé pour déplacer une charge de 1 Coulomb

$$V = \frac{W}{Q}$$

Où :

  • V est la tension en volts.

  • W est le travail (l’énergie) en joules.

  • Q est la charge électrique en coulombs.

Cette force invisible est la cause absolue de tout ce qui se passe sur une carte électronique. Sans tension, l’électronique n’est qu’un assemblage inerte de plastique et de métaux.

Continu ou Alternatif ?

Pour conclure ce chapitre, précisons qu’il existe deux grandes manières d’appliquer cette force :

  1. La tension continue (DC – Direct Current) : La force pousse les électrons toujours dans le même sens. C’est ce que fournissent les piles, les batteries, les panneaux solaires et les alimentations de vos ordinateurs. C’est le royaume de la microélectronique.

  2. La tension alternative (AC – Alternating Current) : La force change de sens cycliquement. Les électrons font des allers-retours sur place sans vraiment avancer. C’est la tension de vos prises murales (qui change de sens 50 fois par seconde en Europe, soit 50 Hz). Elle est idéale pour transporter de la puissance sur de longues distances.

Maintenant que vous savez comment pousser les électrons, nous allons découvrir ce qui freine et limite cette force prodigieuse : la résistance électrique.

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