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Comprendre le fonctionnement interne d’une diode jonction PN

Schéma illustrant le fonctionnement d'une diode à jonction PN, comparant la polarisation directe (courant passe) et la polarisation inverse (courant bloqué), avec la zone de charge d'espace.

Chaque jour, dans nos smartphones, nos ordinateurs et nos téléviseurs, des milliards de composants minuscules travaillent en silence pour donner vie à notre monde numérique. L’un des plus fondamentaux est la diode (jonction PN), un portier microscopique pour l’électricité. Mais comment ce minuscule composant sait-il dans quelle direction laisser passer le courant électrique ? La réponse ne se trouve pas dans un circuit complexe, mais dans un phénomène physique surprenant, un véritable « miracle de l’ingénierie » né d’un simple contact entre deux matériaux. Cet article va vous révéler, en trois points clés, les secrets de ce fonctionnement.

Point 1

Au cœur d’une diode se trouve ce qu’on appelle une jonction PN. Il s’agit simplement de l’assemblage de deux types de silicium qui ont été modifiés, ou « dopés ». Le premier, le type N, possède un surplus d’électrons libres. Le second, le type P, est riche en « trous », qui sont des manques d’électrons agissant comme des charges positives.

Dès que ces deux matériaux entrent en contact, une sorte de « chaos » contrôlé se produit : un phénomène de diffusion se déclenche instantanément. Les électrons en excès de la zone N migrent vers la zone P pour combler les trous, tandis que les trous de la zone P migrent en sens inverse. À la jonction, ces porteurs se rencontrent et se neutralisent mutuellement dans un processus appelé recombinaison. Cette recombinaison laisse derrière elle des ions fixes et immobiles, créant une région qui se vide de tout porteur de charge libre. Cette zone, devenue électriquement isolante, est appelée la « zone de charge d’espace » (ZCE) ou « région de déplétion ». Elle agit comme une barrière invisible qui empêche le reste des électrons et des trous de se mélanger. Cette structure est d’une importance capitale en électronique, car elle est à la base de toutes les diodes et transistors.

Point 2

Cette « zone de charge d’espace » n’est pas qu’une barrière passive. En raison de la séparation des charges fixes qui s’est produite, elle génère son propre champ électrique interne. Ce champ crée une différence de potentiel, une sorte de tension intrinsèque au composant. On l’appelle la « barrière de potentiel » ou la « tension de seuil ».

Ce qui est fascinant, c’est que cette tension existe en permanence au sein de la diode jonction PN, même lorsqu’elle n’est connectée à aucune source d’alimentation. C’est une propriété physique fondamentale de la jonction, qui dépend du matériau utilisé. Pour une diode jonction PN standard, cette tension interne a une valeur bien précise : environ 0,7 volt pour une diode au silicium, et seulement 0,35V pour une diode au germanium. Il est assez contre-intuitif qu’un composant passif puisse posséder ainsi sa propre tension prédéfinie.

Point 3

Le comportement de la diode jonction PN dépend entièrement de la manière dont on lui applique une tension externe. C’est en surmontant ou en renforçant sa barrière de potentiel interne que l’on contrôle le passage du courant.

• Polarisation Directe : La valve s’ouvre Lorsque l’on applique une tension positive sur la zone P et une tension négative sur la zone N, cette tension externe s’oppose directement à la barrière de potentiel interne. Si la tension appliquée est supérieure à la tension de seuil (0,7V pour le silicium), elle « vainc » la barrière. La zone de charge d’espace diminue alors en largeur, et le courant peut enfin circuler à travers la jonction. La valve est ouverte.

• Polarisation Inverse : La valve se ferme Si l’on fait l’inverse, en appliquant une tension négative sur la zone P et positive sur la zone N, la tension externe vient s’additionner à la barrière de potentiel interne. Cette configuration renforce la barrière. Physiquement, la tension externe attire les porteurs de charge (trous et électrons) loin de la jonction, les évacuant de la zone centrale. En conséquence, la zone de charge d’espace s’élargit et la jonction devient encore plus isolante. Le courant est alors fermement bloqué. La valve est fermée.

Ce comportement binaire est la fonction essentielle de la diode jonction PN. Ainsi, votre diode jonction PN, tout simplement, va agir comme une valve qui ne laisse passer le courant que dans un seul sens.

Miracle d’une diode jonction PN

Le fonctionnement sophistiqué d’une diode jonction PN (cette valve à courant unidirectionnelle qui est à la base de toute l’électronique moderne) ne découle donc pas d’un mécanisme complexe, mais simplement de la physique fondamentale créée au contact de deux matériaux. Une barrière invisible qui se forme spontanément, une tension interne qui apparaît sans aucune pile, et la capacité d’ouvrir ou de fermer le passage à l’électricité en fonction du sens du courant. La prochaine fois que vous allumerez votre smartphone, réaliserez-vous que des milliards de ces barrières invisibles s’ouvrent et se ferment en silence pour lui donner vie ?

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